Cœur de Femme
Selon la cardiologue hollandaise Janneke Wittekoek (dans son livre 'Vrouwen Hart', Cœur de Femme), 9 femmes succombent quotidiennement aux Pays-Bas d'un cancer du sein, mais 57 autres décèdent chaque jour des suites de maladies cardiovasculaires. Souvent, la médecine de première ligne fait peu de cas des douleurs thoraciques et de la fatigue, et prescrit des analgésiques. Selon le Dr Wittekoek, il n'est pas inhabituel que des femmes de 35 à 40 ans soient la victime de maladies cardiovasculaires.
Les femmes d'âge moyen consomment trop peu d'acides gras oméga-3 pour maintenir leur cœur en bonne santé
Les femmes de 40 à 60 ans ne se rendent pas toujours compte qu'elles sont plus exposées à des maladies cardiovasculaires qu'à l'âge de 20 ans. En effet, l'action protectrice cardiovasculaire des hormones estrogènes disparaît lors de la ménopause. Ces estrogènes contribuent à préserver les réserves des acides gras oméga-3 EPA et DHA, ce qui exerce un effet positif sur la santé cardiaque.
La bonne nouvelle est que chacun est capable de maintenir à niveau ses réserves d'acides gras oméga-3 en adaptant ses habitudes alimentaires et en consommant des capsules d'huile de poisson : en effet, le poisson gras et les capsules d'huile de poisson contiennent les acides gras oméga-3 EPA et DHA en abondance.
Un échantillon de sang permet de mesurer les réserves d'acides gras oméga-3 en déterminant les taux d'EPA et de DHA dans les membranes cellulaires des globules rouges. Ces chiffres sont alors exprimés comme pourcentage du contenu total en acides gras, appelé index oméga-3.
Un index oméga-3 égal ou supérieur à 8% protège contre l'arrêt cardiaque soudain et fatal. Or, un index oméga-3 égal ou inférieur à 4% implique un risque très élevé de troubles cardiaques, mais aussi de perte de mémoire et de symptômes dépressifs.
Un groupe de chercheurs de l'Université de Hanovre, en Allemagne, a vérifié l'index oméga-3 de 446 femmes (de 40 à 60 ans), en collaboration avec des gynécologues et des généralistes de 125 localisations différentes. Le verdict était inquiétant. Quelque 97,3% des femmes avaient un index oméga-3 inférieur à 8%. Chez 62,8% d'entre elles, l'index oméga-3 se situait entre 4 et 6%, alors que 9% de ces femmes présentait un index oméga-3 de 4% ou moins.
Ainsi, près de 70% des femmes allemandes d'âge moyen couraient un risque accru de troubles cardiaques. Un apport accru d'acides gras oméga-3 s'impose assurément. Il est en outre possible d'évaluer et de suivre leur risque de problèmes cardiaques à l'aide d'une simple analyse de sang (index oméga-3).
Source : Gellert S, Schuchardt JP, Hahn A. Low long chain omega-3 fatty acid status in middle-aged women. Prostaglandins Leukot Essent Fatty Acids, published online January 25, 2017; 117:54-59.
Les acides gras oméga-3 protègent de l'infarctus du myocarde
On sait depuis longtemps que les acides gras oméga-3 EPA et DHA issus du poisson gras et de capsules d'huile de poisson sont bons pour le cœur. Entre-temps, un groupe de chercheurs américains attachés à la Mayo Clinic a effectué une analyse méticuleuse de toutes les études effectuées entre 1947 et 2015. Celles-ci ont évalué l'impact de ces acides gras oméga-3 sur le développement de maladies coronariennes, notamment l'infarctus du myocarde, l'arrêt cardiaque soudain (fatal) et l'angine de poitrine.
Les études de supplémentations contrôlées ont inclus 93.000 personnes, les études observationnelles même 732.000 personnes. Il s'agit là de groupes particulièrement importants, qui permettent aux chercheurs de déduire des résultats fiables.
Les chercheurs ont conclu sur base des études observationnelles que les personnes qui prenaient beaucoup d'EPA et de DHA avaient un risque réduit de 18% de maladie coronarienne.
Les études de supplémentations contrôlées ont en outre révélé que les patients qui présentaient une hypertriglycéridémie (≥ 150 mg/dl) étaient mieux protégés de 16% contre les maladies coronariennes s'ils consommaient en outre des acides gras oméga-3. Des personnes avec des taux excédentaires de mauvais cholestérol (cholestérol LDL ≥ 130 mg/dl) bénéficiaient d'une protection plus efficace de 14% avec les acides gras oméga-3.
On savait depuis longtemps, et ce fut confirmé une nouvelle fois : le poisson gras au menu ou la supplémentation à l'aide de capsules d'huile de poisson sont des options saines pour se protéger contre l'infarctus du myocarde, l'arrêt cardiaque et l'angine de poitrine. C'est certainement vrai pour les sujets présentant d'autres facteurs de risque, tels qu'un excès de triglycérides ou de cholestérol. La recommandation internationale de prendre au moins 1 g d'EPA + DHA reste donc valable.
Sources : O'Keefe JH, Jacob D, Lavie CJ. Omega-3 Fatty Acid Therapy: The Tide Turns for a Fish Story. Mayo Clin Proc 2017; 92(1):1-3 & Alexander DD, Miller PE, Van Elswyk ME, Kuratko CN, Bylsma LC. A Meta- Analysis of Randomized Controlled Trials and Prospective Cohort Studies of Eicosapentaenoic and Docosahexaenoic Long-Chain Omega-3 Fatty Acids and Coronary Heart Disease Risk. Mayo Clin Proc 2017 Jan; 92(1):15-29.
Une dose élevée d'acides gras oméga-3 pendant la grossesse réduit le risque d'asthme chez l'enfant
Au cours des dernières décennies, le nombre de patients asthmatiques a doublé dans les pays occidentaux. Un jeune enfant sur cinq développe une respiration sibilante chronique et de l'asthme.
Pouvons-nous protéger les enfants de l'asthme, dès avant leur naissance ? Selon une récente étude danoise, tout dépend de l'apport d'acides gras oméga-3 des futures mamans. La moitié des participantes à cette étude ont pris une dose élevée d'acides gras oméga-3 provenant d'huile de poisson au cours du dernier trimestre de leur grossesse, l'autre moitié recevant la même dose d'huile d'olive (groupe témoin).
Les résultats étaient frappants. A l'âge de 5 ans, les enfants des mères ayant consommé des acides gras oméga-3 au cours de la grossesse avaient remarquablement moins de respiration sibilante chronique et d'asthme, par comparaison aux enfants dont la mère n'en avaint pas pris. Leur risque de développer un asthme était réduit d'un tiers. Cet effet protecteur était le plus évident chez les femmes qui avaient peu d'acides gras oméga-3 dans le sang avant l'étude.
Cette étude danoise s'appelle COPSAC2010 pour ‘Copenhagen Prospective Studies on Asthma in Childhood’, 2010 étant la date ultime de recrutement des participantes. 736 femmes ont participé à l'étude. Les femmes recevant les acides gras oméga-3 ont pris chaque jour 2,4 g d'acides gras oméga-3, dont 1,32 g d'EPA et 888 mg de DHA sous forme de triglycéride reconstitué (rTG) au cours du dernier trimestre de la grossesse jusqu'à une semaine après l'accouchement.
Source : Bisgaard H, Stokholm J, Chawes BL, Vissing NH, Bjarnadóttir E, Schoos AM, Wolsk HM, Pedersen TM, Vinding RK, Thorsteinsdóttir S, Følsgaard NV, Fink NR, Thorsen J, Pedersen AG, Waage J, Rasmussen MA, Stark KD, Olsen SF, Bønnelykke K. Fish Oil-Derived Fatty Acids in Pregnancy and Wheeze and Asthma in Offspring. N Engl J Med 2016 Dec 29; 375(26):2530-9.